26.06.2009

remise en question (pour changer)

Quand j'ai choisi ce stage d'été aux urgences, je savais que je prenais un risque. Que je prenais le risque de remettre en question mon choix de spécialité future.

 

Après une longue réflexion, j'ai opté pour faire médecine générale, en libéral, à la campagne. Ce choix représentait en partie mon idéal : l'indépendance, une activité diversifiée, une vraie relation médecin-malade comme il en existe de moins en moins, la nature, la possibilité de m'installer à peu près n'importe où.

 

Ce choix, si j'ai mis très longtemps à le faire, c'est que j'ai toujours voué une attirance particulière pour la neurologie. Spécialité difficile, complexe par l'intrication des différents diagnostics et par le fonctionnement du système nerveux en lui-même, difficile sur le plan humain devant la rareté des moyens thérapeutiques à notre disposition. Cette attirance est née il y a longtemps, en 3ème année, où je me suis retrouvée larguée dans mon premier vrai stage dans un service de neurologie, dépourvu de médecins (pour cause de congrès) et accompagnée de mon plus fidèle boulet. Je ne sais pas exactement comment ça s'est passé, mais je n'ai pas réussi à partir, je suis même restée en stage pendant les vacances. Je ne comprenais pas forcément pourquoi les patients venaient, mais l'interne et la chef de clinique prenaient le temps de m'expliquer, et c'était le plus important.

Par la suite, en cinquième année, je suis repassée en neurologie pour mon stage "officiel" d'externe. Le choix ne s'est pas passé comme j'aurais aimé, j'ai fait un mois de consultations et un mois dans l'unité Parkinson. Bien que je fus réticente au début, les consultations m'ont permis de voir une autre facette de la neuro (et des sous-spécialités différentes) : des patients en plutôt bon état, avec un plus ou moins bon suivi, plus ou moins de questions. Mais ça m'a aussi permis de voir un côté de la neuro que je n'apprécie pas : la consultation "bobologie", où la conclusion est que les symptômes n'ont rien de neuro et "qu'il faut se détendre ma bonne dame". Tout ça avait un peu calmé mes ardeurs neurologiques.

Cette année, j'ai fait beaucoup de gardes aux urgences. Et comme si c'était prédestiné, j'ai vu beaucoup de cas neurologiques. Du classique (papy de 80 ans qui fait son AVC) ou plus original (une jeune femme de 28 ans qui devient subitement aveugle). Même si la prise en charge est tronquée dans ces conditions, ça m'a rappelé de bons souvenirs (ceux de 3ème année).

Et depuis la quatrième année, il y a cette interne en neurologie, qui me suit, telle un ange-gardien. Où que j'aille, je la croise. Et dès que je la croise, elle me demande ce que je veux faire, qu'elle aussi a hésité avec médecine générale, que je peux toujours essayer la neurologie et revenir à la médecine générale si ça ne me convient pas.

 

Ce que je n'avais pas prévu, c'est que ce stage réveillerait d'autres bons souvenirs, ceux des soins palliatifs (par où j'étais passée lors de mon stage d'oncologie). Le passage et la discussion avec l'équipe mobile des soins palliatifs à propos d'un patient (et les questions éthico-morales qui ont suivi) m'ont énormément intéressés. Au point que je me suis renseigné à propos du desc "douleur et soins palliatifs". D'autant plus que résonne en moi la prise en charge difficile de la fin de vie de mon grand-père.

 

J'ai joué avec le feu en choisissant ce stage. Je le savais. J'ai perdu.

(Mais peut-être que le classement de l'ECN me permettra de ne plus me poser de questions).

18.06.2009

Comment je lutte contre mon autisme

Moyen n°1 : retourner en stage. Ce qui équivaut à sortir de chez soi et à rencontrer du monde (beaucoup de patients, mais aussi du personnel soignant avec qui je vais devoir coexister pendant 3 mois).

 

Moyen n°2 : recontacter ses potes de toujours. Ils sont formidables, malgré mes nouvelles plus que rares, ils sont toujours là, toujours prêts à organiser un repas ou à prendre un verre dès que je retourne dans notre campagne éloignée de la civilisation.

 

Moyen n°3 : se remettre en ligne sur msn. Et découvrir de nouvelles personnes au fil de conversations s'étendant sur plusieurs heures.

 

Moyen n° 4 : organiser des rencontres réelles avec des gens que l'on ne connaît que par le biais du net. Ca fait peur, ça sent l'improvisation à plein nez, ça oblige à aller au-delà de son autisme, mais c'est porteur d'espoir.

 

Moyen n°5 : faire des tournois de tennis (même si ce ne sont que des rencontres furtives).

05.06.2009

ECN day three

Le troisième jour des ECN marque leur fin... mais aussi des débuts :

- le début d'une nouvelle épreuve, la Lecture Critique d'Article

- le début du retour à la vie des D4

- le début de l'apéro (bières et chips dès la sortie de la salle)

- le (presque) début de la vie d'interne pour la plupart d'entre nous.

 

Maintenant que c'est fini, j'ai un énorme contre-coup, mélange de fatigue et d'envie de rien faire. Je n'ai pas envie de faire la fête ce soir, juste envie de me reposer. Moi qui pensais que finir serait une libération, j'ai comme un gros poids qui vient de me tomber sur la tête.

Allez comprendre pourquoi...